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vendredi 1 novembre 2013

Jean Rouch et le gore


Avant le dérangeant Africa addio (1966) des mêmes auteurs, Mondo cane est la pierre fondatrice du mondo. Genre qui verra sa fin avec le mythique film Cannibal holocaust de Ruggero Deodato en 1980 et qui verra défiler des noms illustres comme ceux de Chris Marker ou encore Chabrol.
Cantonné à un mauvais sous genre de cinéma d'exploitation le mondo des premiers films est aussi un formidable rêve de gosses, deux amis partant pour l'inconnu (en l'occurence et pour l'époque : l'Afrique); des Bob Morane filmant les prémices d'une société du spectacle, confrontant le spectateur à une violence qui lui est inhabituelle, sans artifices et le gargarisant d'une réalité dérangeante.
Entre néoréalisme italien (dont ils se font les contestataires) et Jean Rouch, le regard de deux fêlés en Afrique.
A lire aussi le livre de deux esthètes du mondo, Sébastien Gayraud et Maxime Lachaud (que j'ai eu la chance de voir en conférence), Mondo movies reflets dans un oeil mort.

 Mondo cane, Paolo Cavara, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1962

dimanche 15 septembre 2013

La Chienne

suite et fin de citation : " Personne ne connaissait les feux du désir qui faisaient rage dans mon cœur ".

Man crazy, Joyce Carol Oates, éditions Stock (1997)

lundi 19 août 2013

Les picaros de Kinji Fukusaku se protègent du monde derrière des lunettes





" A quand le jour ou une femme pourra parler avec les lèvres de son sexe?
Ce jour là elle fera entendre toute la tristesse de son passé.
Mais même ce jour là tu ne pourras pas comprendre car tu es un homme. “

Les héros de Fukasaku partagent beaucoup de choses.
Tout d’abord ce sont des morts en sursis.
Brûlots nihilistes, le regard tourné vers l’intérieur ce n’est que quand le sang obstrue leurs yeux qu’ils reprennent goût à la vie.
La femme y est une prostituée. Entre malchance et déterminisme social la femme héroïne termine dans un bordel.
Dans leurs solitudes les âmes esseulées sont vouées à se rencontrer et chacun, la pute comme le caïd, devient l’îlot de l’autre.
Dans le lit la pute devient femme et le caïd enfant.
Puis l’enfant devient kamikaze et la mort qu’il porte en lui il la disperse aux quatre coins de la ville.

Guerre des gangs à Okinawa, Kinji Fukusaku (1971)