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vendredi 6 septembre 2013

Le Bolero résonne toujours

L'Etrange festival se tient au Forum des Images du 5 septembre au 15 septembre à Paris.
Ici ou là les bons conseils sont déjà dispensés.
Pour ma part j'ai couru acheter mes places pour les deux films en programmation de maître Sono, Bad Film tourné entre 1995 et 2012 et son nouveau Why don't you play in hell.
Le premier, décrit comme un Roméo et Juliette lesbien (eh oui !), est un film réalisé avec son collectif Tokyo Gagaga. Son tournage a totalisé plus de 150 heures d'enregistrement éparpillées entre 1995 et 2012. Une  réhabilitation dans les règles.


Si jamais lundi 9 et vendredi 13 septembre vous assistez aux deux projections et que vous entendez des jappements de plaisir ce sera moi alors soyez indulgents.

 

Un peu de fan service.

lundi 19 août 2013

Les picaros de Kinji Fukusaku se protègent du monde derrière des lunettes





" A quand le jour ou une femme pourra parler avec les lèvres de son sexe?
Ce jour là elle fera entendre toute la tristesse de son passé.
Mais même ce jour là tu ne pourras pas comprendre car tu es un homme. “

Les héros de Fukasaku partagent beaucoup de choses.
Tout d’abord ce sont des morts en sursis.
Brûlots nihilistes, le regard tourné vers l’intérieur ce n’est que quand le sang obstrue leurs yeux qu’ils reprennent goût à la vie.
La femme y est une prostituée. Entre malchance et déterminisme social la femme héroïne termine dans un bordel.
Dans leurs solitudes les âmes esseulées sont vouées à se rencontrer et chacun, la pute comme le caïd, devient l’îlot de l’autre.
Dans le lit la pute devient femme et le caïd enfant.
Puis l’enfant devient kamikaze et la mort qu’il porte en lui il la disperse aux quatre coins de la ville.

Guerre des gangs à Okinawa, Kinji Fukusaku (1971)

Quand brûle l’asphalte je rugis







L’un des rares livres consacré aux bosozokus.
Vous pourrez admirer les coupes de cheveux magnifiques, notamment sur la très - belle - photo de groupe.
Bosozoku livre photos de Masayuki Yoshinaga.

Godspeed you ! Black Emperor (1976)


Au Japon il existe dans la culture du manga généralement deux représentations du mauvais garçon.
Le yankee et le bosozoku. Les deux ont en commun la violence, le groupe, l’individualisation forcenée en marge du système.
Le premier est le palier permettant d’accéder aux second.
Aujourd’hui je crois que les deux sont difficilement dissociables.
Des coupes de cheveux inimaginables, uniformes dépareillés, une pratique inlassable du ” je m’accroupis pour mieux te chier sur la gueule et pourquoi pas sur le monde entier ” le délinquant se retrouve dans une kyrielle de codes aisément déchiffrables après la lecture de 2 tomes de Racaille Blues (de Masanori Morita).
Chacun cherche à fuir un environnement familial pourri, un système scolaire à la dérive et pour ça rien de mieux qu’une bonne balade en bécane Honda drivée à mort. Accélérer, ne pas desserrer, avoir une nuit d’avance sur la mort et crier sa rage sur l’asphalte qui brûle dans les ténèbres. Dériver le long des routes où l’amertume se dissipe. La bouche s’imprègne de l’air salin, la mer n’est plus très loin.

documentaire de Mitsuo Yanagimachi